Les armoiries de Berrwiller…

 Dans l’Armorial des Communes du Haut-Rhin publié par la Commission d’Héraldique départementale (édition 1984), on peut lire la description suivante concernant les armoiries de Berrwiller :

« D’argent au crochet en forme de S de sable, trois montagnes de sinople mouvantes de la pointe. »

Ce qui en langage courant veut dire que, sur un fond argenté, on voit la représentation de trois sommets montagneux de couleur verte (=sinople) et qui sont surmontés d’un crochet de sable (=noir) ressemblant à un « S ».

Selon l’interprétation populaire « les trois montagnes » seraient le Molkenrain, le Vieil Armand, le Grand Ballon que l’on voit depuis le village et le « esse » étant tout simplement un morceau de métal doublement recourbé en forme de crochet et qui servait autrefois (et encore aujourd’hui) à de multiples usages dans les campagnes, comme l’explique M. Robert Herr dans son livre sur « Berrwiller ».

À noter que ce blason a été attribué à Berrwiller – et à Bertschwiller son annexe de toujours – dès 1697, qu’il figure dans la Généralité d’Alsace constituée sous Louis 14 sans avoir été jamais modifié depuis.

Mais ce qu’il faut surtout savoir c’est que les Waldner de Freundstein qui ont acquis le Château de Weckenthal en 1457 furent les Seigneurs de nos deux entités villageoises reçues en fief de la Principauté de Murbach, de 1371 à 1789. Or sur leurs armoiries familiales, définies comme « d’argent à trois rochers de sable surmontés de trois merlettes de gueules », figuraient déjà trois pointes montagneuses dont on voit plusieurs fois leur représentation dans la « Chronique Généalogique Historique des Nobles Familles Waldner de Freundstein », publiée en 1782, conservée aux archives départementales et traduite par l’historien Marcel Siffert.

Louise-Henriette Waldner de Freundstein (née le 5.6.1754), baronne d’Oberkirch, en évoquant le blason familial, spécifie dans ses Mémoires que les trois cimes (noires) sont les pics que l’on voit au Freundstein, là où se dressait le célèbre château aujourd’hui en ruines.

Aussi, vue la similitude apparente entre les armoiries actuelles et celles des anciens Seigneurs de Berrwiller/ Bertschwiller, on peut se demander si ces derniers ont imposé à leurs sujets à la fin du 17e siècle que les trois sommets figurant sur leur blason soient reproduits.

Quant aux montagnes colorées en vert, arrondies au lieu d’être pointues et dépourvues d’oiseaux rouge, et surtout l’ajout du « S » noir bien visible sur le fond argenté sont autant de modifications dont on ignore qui en furent les instigateurs.

D’ailleurs ce fameux signe distinctif sous forme de « B. S » (le B. précédant le S signifiant Berrwiller) figurera également un peu plus tard, en 1753, sur les grandes bornes d’arpentage (d’environ 1,50 m de haut) qui ont été mises en place sous Louis 15 (dit le bien-aimé) afin de délimiter le ban communal de Berrwiller / Bertschwiller… Et dont malheureusement il ne reste que quelques spécimens.

Henri Schmidt, Maire honoraire